Une fiche de paie française comporte souvent quinze à vingt lignes de cotisations, chacune désignée par un sigle rarement expliqué : CSG, CRDS, Agirc-Arrco, CEG, CET... Pourtant, chacune finance un risque social précis et ouvre des droits concrets (retraite, chômage, maladie). Ce lexique reprend les principales lignes dans l'ordre où elles apparaissent généralement sur un bulletin, avec leur taux 2026 et ce qu'elles financent. Pour convertir directement un salaire brut en net, utilisez notre calculateur salaire brut → net.
Santé, maladie, maternité, invalidité, décès
Cette cotisation finance l'Assurance Maladie : remboursement des soins, indemnités journalières en cas d'arrêt de travail, congé maternité/paternité, pensions d'invalidité et capital décès versé aux ayants droit. Depuis 2018, la part salariale de cette cotisation a été supprimée pour la quasi-totalité des salariés du régime général et compensée par une hausse de la CSG : elle n'apparaît donc plus, ou de façon marginale, sur les bulletins de paie 2026 (sauf régimes spécifiques comme l'Alsace-Moselle, qui conserve une cotisation salariale de 1,50 %).
CSG et CRDS : les deux lignes les plus importantes
La Contribution Sociale Généralisée (CSG) et la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) sont, à elles seules, les cotisations les plus lourdes du bulletin : elles représentent ensemble 9,7 % du salaire brut (sur une assiette de 98,25 % du brut, qui exclut une petite fraction forfaitaire pour frais professionnels). Elles se décomposent en CSG déductible (6,8 %, déductible du revenu imposable), CSG non déductible (2,4 %) et CRDS (0,5 %). La CSG finance l'ensemble de la protection sociale (santé, famille, retraite, dépendance) ; la CRDS, créée en 1996, rembourse la dette accumulée par la Sécurité sociale et s'applique, sans date de fin annoncée, sur pratiquement tous les revenus (salaires, mais aussi retraites, allocations chômage, revenus du capital).
Contrairement aux autres cotisations, la CSG et la CRDS ne financent pas de droits individualisés : payer plus de CSG n'augmente pas votre future pension, contrairement aux cotisations retraite. C'est un impôt affecté, prélevé à la source sur le bulletin de paie.
Retraite de base et retraite complémentaire
La retraite de base (régime général, géré par l'Assurance Retraite) prélève en 2026 environ 6,9 % sur la tranche de salaire sous le plafond de la Sécurité sociale (PMSS, 4 005 €/mois en 2026), plus 0,4 % sur la totalité du salaire, plafond inclus. Chaque trimestre cotisé et chaque euro de salaire soumis à cotisation génère des droits qui déterminent le montant de la pension de base à la retraite.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco s'ajoute obligatoirement à la retraite de base pour tous les salariés du privé, cadres et non-cadres. Elle fonctionne par points : chaque cotisation achète des points, convertis en pension au moment du départ selon leur valeur de service. Le taux salarial est de 3,15 % sur la tranche 1 (sous le PMSS) et 8,64 % sur la tranche 2 (au-delà, réservée de fait aux cadres et hauts salaires), auxquels s'ajoute la CEG (contribution d'équilibre général, 0,86 % puis 1,08 % sur les mêmes tranches), qui finance l'équilibre du régime complémentaire sans générer de points supplémentaires.
La CET, spécifique aux cadres
La Contribution d'Équilibre Technique (CET), au taux de 0,14 % à la charge salariale, s'applique uniquement aux salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale — en pratique, presque exclusivement les cadres. Comme la CEG, elle finance l'équilibre financier du régime Agirc-Arrco sans attribuer de points de retraite supplémentaires : c'est une cotisation de solidarité plutôt qu'un droit individuel.
Assurance chômage
Depuis le 1er octobre 2018, la cotisation salariale d'assurance chômage a été supprimée pour la quasi-totalité des salariés : elle est intégralement à la charge de l'employeur (environ 4,05 % du brut). Un salarié qui voit encore une ligne « chômage » sur son bulletin avec un taux non nul appartient généralement à un régime particulier (intermittents du spectacle, expatriés, certains contrats spécifiques).
Récapitulatif des taux salariaux 2026
| Cotisation | Taux salarial | Assiette |
|---|---|---|
| CSG déductible | 6,8 % | 98,25 % du brut |
| CSG non déductible | 2,4 % | 98,25 % du brut |
| CRDS | 0,5 % | 98,25 % du brut |
| Retraite de base | 6,9 % + 0,4 % | Tranche A + totalité |
| Agirc-Arrco T1 | 3,15 % | Sous le PMSS |
| CEG T1 | 0,86 % | Sous le PMSS |
| Agirc-Arrco T2 (cadres) | 8,64 % | Au-delà du PMSS |
| CET (cadres) | 0,14 % | Totalité si > PMSS |
| Assurance chômage | 0 % | Supprimée depuis 2018 |
Plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) 2026 : 4 005 €. Pour un calcul complet appliqué à votre salaire, utilisez le calculateur brut → net.
Questions fréquentes
Pourquoi la CSG et la CRDS ne sont-elles pas entièrement déductibles ?›
Le législateur a choisi de ne rendre déductible du revenu imposable que 6,8 points sur les 9,1 % de CSG applicables aux salaires (le taux plein de CSG inclut aussi une part sur d'autres revenus). La part non déductible (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) restent donc incluses dans le revenu imposable, ce qui explique l'écart entre net à payer et net imposable sur votre bulletin.
Que signifient les sigles « T1 » et « T2 » sur le bulletin de paie ?›
Ce sont les tranches de cotisation Agirc-Arrco. La tranche 1 (T1) couvre le salaire jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (4 005 €/mois en 2026) ; la tranche 2 (T2) couvre la part du salaire au-delà de ce plafond, avec un taux de cotisation plus élevé. Un salarié dont le salaire brut reste sous le PMSS ne cotise donc que sur la tranche 1.
La cotisation chômage a-t-elle vraiment disparu du bulletin de paie ?›
Oui, pour la quasi-totalité des salariés du régime général depuis octobre 2018 : la part salariale a été supprimée et son financement transféré à l'employeur et à une fraction de la CSG. Les droits au chômage (allocation de retour à l'emploi) restent identiques ; seul le prélèvement visible sur le bulletin a disparu.
Pourquoi les cadres paient-ils plus de cotisations que les non-cadres ?›
Le statut cadre entraîne l'ajout de la tranche 2 de l'Agirc-Arrco (8,64 %) et de la CEG tranche 2 (1,08 %) sur la part du salaire dépassant le PMSS, ainsi que la CET (0,14 %) sur la totalité du salaire. Ces cotisations supplémentaires financent des droits à retraite complémentaire proportionnellement plus élevés sur la partie du salaire au-dessus du plafond.
Sources
- URSSAF — taux de cotisations et contributions sociales sur les salaires 2026
- Agirc-Arrco — taux de cotisation de la retraite complémentaire
- service-public.fr — CSG, CRDS et assurance chômage des salariés
Ce guide fournit des repères généraux et ne remplace pas votre bulletin de paie officiel ni un conseil personnalisé. Voir aussi notre page à propos.